Arrêt de travail · Invalidité · Décès
Prévoyance de l’ oncologue
Votre responsabilité civile professionnelle protège vos patients, pas vos revenus. Contrairement à une idée répandue, un médecin libéral n’est pas sans couverture pendant les trois premiers mois d’arrêt : depuis le 1er juillet 2021, l’assurance maladie verse des indemnités journalières du 4e au 90e jour, avant le relais de la CARMF. Le problème n’est pas un vide — c’est un plafond.
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- de carence avant les indemnités journalières CPAM
- 3 jours
- indemnité journalière maximale en 2026
- 197,51 €
- durée maximale d’indemnisation CARMF
- 36 mois
Non, il n’y a pas de « trou de 90 jours »
C’est l’argument le plus répandu du marché de la prévoyance médicale, et il est faux depuis 2021.
Vous êtes couvert dès le 4e jour, mais à un niveau plafonné
Depuis le 1er juillet 2021, les professionnels libéraux — dont les médecins conventionnés — perçoivent des indemnités journalières de l’assurance maladie à partir du 4e jour d’arrêt, après trois jours de carence, et jusqu’au 90e jour. La CARMF prend ensuite le relais à compter du 91e jour, pour une durée maximale de 36 mois.
Il n’existe donc pas de période non couverte de trois mois. Le vrai sujet est ailleurs : le niveau de l’indemnisation, sa durée, et ce qu’elle ne finance pas.
- J1-J3 Jours 1 à 3
Délai de carence — aucune indemnisation
- J4-J90 Jours 4 à 90
Indemnités journalières de l’assurance maladie, calculées sur 1/730e du revenu annuel moyen
- J91+ À partir du 91e jour
Relais des indemnités journalières CARMF, jusqu’à 36 mois
- 3 ans Au-delà de 36 mois
Bascule vers la pension d’invalidité du régime invalidité-décès si l’incapacité persiste
Si l’on croit à un vide de trois mois, on achète une franchise très courte à prix fort. Si l’on sait qu’une indemnisation existe mais qu’elle est plafonnée, on raisonne autrement : sur l’écart entre le plafond et son revenu réel, sur la durée au-delà de 36 mois, et sur les charges du cabinet que rien n’indemnise. Ce n’est pas le même contrat, ni le même prix.
Le niveau réel de l’indemnisation obligatoire
Les deux régimes se relaient, mais butent sur le même plafond.
| Période | Régime | Calcul et plafond |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Aucun | Délai de carence |
| Jours 4 à 90 | Assurance maladie | 1/730e du revenu d’activité annuel moyen des trois années civiles précédentes, dans la limite de 197,51 € bruts par jour en 2026 (plafond assis sur trois fois le plafond annuel de la sécurité sociale) |
| À partir du 91e jour | CARMF | 65,84 € par jour si le revenu net 2024 est inférieur ou égal à 48 060 € ; 1/730e du revenu net 2024 entre 48 060 € et 144 179 € ; 197,51 € par jour à partir de 144 180 € |
Montants CARMF 2026 pour un médecin de moins de 62 ans. Entre 62 et 69 ans, les prestations sont réduites après la première année d’indemnisation. Les conjoints collaborateurs relèvent de montants proportionnellement réduits.
- Le plafond
- 197,51 € par jour, soit environ 6 000 € par mois. Au-delà, l’indemnité n’augmente plus, quel que soit le revenu.
- La durée CARMF
- 36 mois maximum, continus ou discontinus. Ensuite, bascule éventuelle vers la pension d’invalidité.
- Être à jour
- Le versement des prestations CARMF suppose d’être à jour de ses cotisations et majorations de retard.
- Non-cumul
- Les indemnités CARMF et celles de l’assurance maladie ne se cumulent pas.
- Formalités
- Déclaration de la cessation d’activité dans les deux mois et certificat médical adressé au médecin-conseil sous pli confidentiel.
Pour un oncologue libéral dont le revenu dépasse nettement 144 180 €, l’indemnisation obligatoire représente une fraction de son revenu habituel, et cette fraction diminue à mesure que le revenu augmente. L’écart n’est pas comblé par la durée : il est structurel, dès le premier jour indemnisé. C’est cet écart, et non une prétendue absence de couverture, que la prévoyance complémentaire est faite pour combler.
Ce qu’une prévoyance complémentaire ajoute réellement
- Le maintien du revenu au-delà du plafond de 197,51 € par jour des régimes obligatoires
- Des indemnités journalières dès une franchise courte, si vous choisissez d’effacer aussi les trois jours de carence
- Une garantie « frais généraux » qui finance loyer, secrétariat, crédits de matériel et cotisations pendant l’arrêt
- Une rente d’invalidité au-delà des 36 mois d’indemnités journalières
- Un capital décès et des rentes de conjoint et d’éducation
- La responsabilité civile professionnelle, qui couvre vos patients et non vos revenus
- Les régimes obligatoires, qui restent dus et se combinent avec elle
- Votre mutuelle, qui couvre vos frais de santé personnels
- La multirisque du cabinet, qui couvre le local et le matériel
- Le revenu garanti
- À caler sur votre revenu réel, pas sur un forfait — sinon l’écart avec le plafond obligatoire réapparaît intact.
- La franchise
- Le principal levier de prix. Au-delà de 90 jours, elle ne fait que doubler une couverture déjà en place : son utilité est faible.
- Les frais généraux
- Garantie distincte des indemnités journalières : elle finance le cabinet, pas le foyer. Aucun régime obligatoire ne la couvre.
- La définition d’invalidité
- « Profession médicale » ou « toute profession » : ce n’est ni la même couverture ni le même prix.
- La fiscalité
- Les cotisations peuvent être déduites sous le régime Madelin, les prestations étant alors imposables. À arbitrer avec votre conseil.
- Les exclusions
- Antécédents, sports, affections psychiques : lisez les exclusions et les délais d’attente avant de comparer les tarifs.
« En cas d’arrêt long, quel pourcentage de mon revenu réel est effectivement maintenu, et pendant combien de temps ? » Une prévoyance qui redouble une indemnisation existante coûte de l’argent sans rien ajouter. Une prévoyance qui comble l’écart au plafond et prend le relais après 36 mois protège la seule chose que les régimes obligatoires ne protègent pas : votre niveau de vie réel.
Un arrêt d’oncologue ne se remplace pas facilement
L’oncologie est une discipline de suivi long. Un patient sous protocole n’attend pas : sa prise en charge doit se poursuivre, ses cures s’enchaîner, ses évaluations avoir lieu aux échéances prévues. L’arrêt d’un praticien n’a donc pas seulement un coût de revenu — il a un coût d’organisation, pour le cabinet comme pour la file active.
L’Institut national du cancer recense, pour 2024, environ 1,4 million de personnes prises en charge pour un traitement spécifique du cancer en hospitalisation de court séjour, dont 403 404 patients traités par chimiothérapie et 265 470 par radiothérapie, dans 826 établissements autorisés. C’est un système à flux tendu, où la continuité repose sur des équipes déjà comptées.
La garantie frais généraux prend ici tout son sens : pendant un arrêt long, le cabinet continue de coûter — loyer, secrétariat, informatique, cotisations — alors que la recette s’arrête. Elle se souscrit séparément des indemnités journalières et se dimensionne sur vos charges fixes réelles, pas sur votre revenu.
Questions fréquentes sur la prévoyance de l’oncologue
Existe-t-il un « trou de 90 jours » pour un médecin libéral ?
À partir de quand la CARMF verse-t-elle ses indemnités journalières ?
Quel est le montant des indemnités journalières CARMF en 2026 ?
La prévoyance complémentaire est-elle obligatoire ?
Quelle franchise choisir ?
Qu’est-ce que la garantie frais généraux ?
Pour aller plus loin
Protégez vos revenus d’ oncologue
Une prévoyance calée sur votre revenu réel, pas sur le plafond des régimes obligatoires.